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Psychomotricité : zoom sur le Syndicat National d’Union des Psychomotriciens (SNUP)

7 mai 2020 Partenaires

Vous ou votre enfant vous sentez particulièrement agité, nerveux, anxieux, ou au contraire apathique ? Vous avez la sensation de perdre vos repères temporels ? Vous faites face à des troubles du sommeil ? Vous pouvez peut-être être aidé par des séances de psychomotricité. 

Notre partenaire, le Syndicat National d’Union des Psychomotriciens (SNUP) constate que le confinement peut être à l’origine de nombreuses situations douloureuses et impacter l’être psychomoteur de certaines personnes. 

Nous avons échangé avec Florence Bronny, présidente du SNUP, qui nous explique ce qu’est la psychomotricité et dans quelles situations un psychomotricien peut être utile. Elle nous présente également ce qu’ils ont mis en place pendant le confinement, la plateforme https://www.psychomotricite-covid19.fr/ : une plateforme d’écoute gratuite et anonyme et des fiches pratiques d’activités à destination des enfants et des parents. N’hésitez pas à les appeler !

La « Psychomotricité » : pour qui, pour quoi, quand ? 

Qu’est-ce qu’un psychomotricien ? 

Le psychomotricien est un auxiliaire médical qui s’intéresse à « l’organisation psychomotrice » : la psychomotricité. 

Qu’est-ce que la psychomotricité ?

La psychomotricité est une pratique de soin paramédicale. Elle consiste en une rééducation basée sur les éléments identifiés à partir d’un bilan psychomoteur. 

La psychomotricité s’intéresse à l’interaction entre le corps et le psychisme : elle fait le lien entre le mental, le développement moteur (motricité, équilibre, coordination des mouvements), affectif (estime de soi, qualité des relations et interactions), cognitif (concentration, planification et capacité à résoudre un problème) et psychique (communications non-verbales). 

Quand penser à consulter un psychomotricien ?

Il est possible de prendre rendez-vous avec un psychomotricien à partir du moment où vous avez une inquiétude concernant le fonctionnement d’une des dimensions précédemment citées. Le psychomotricien effectuera alors un bilan psychomoteur, qui lui permettra de conclure de l’utilité ou non de mettre en place un suivi.

Comment se passe un bilan psychomoteur ?

Tout d’abord, le bilan psychomoteur se fait sur prescription médicale (votre médecin généraliste par exemple). Il se déroule ensuite sur plusieurs séances (en général 3 séances) et permet d’évaluer les différents domaines du développement psychomoteur pour identifier l’origine des difficultés rencontrées.

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Comment se passe une séance en psychomotricité ?

A l’issue du bilan, un projet thérapeutique est établi et permet d’orienter le cadre du suivi. Différents outils peuvent être utilisés : le jeu, la relaxation, l’expression artistique, l’éducation gestuelle, des techniques corporelles ou sportives…La motivation et l’investissement de la personne dans la séance sont des éléments essentiels. 

Quand mon psychomotricien me parlera-t-il d’une fin de traitement?

L’arrêt de la prise en charge est dépendant de l’évolution du patient, et  de l’observation du psychomotricien. Elle est fonction de la demande du patient.

 

La psychomotricité en période de COVID-19 ?

Quelles actions nouvelles avez-vous mises en place pendant le confinement ? 

Le SNUP a mis en place un carnet de psychomotricité pour enfant et dès que possible pour adulte et séniors. La plateforme n’a pas encore reçu beaucoup d’appels (la diffusion grand public n’a commencé qu’au milieu de la semaine dernière). Nous avons 3 psychomotriciens par jour disponibles pour rappeler suite au premier contact avec un régulateur (psychomotricien ou non).

Quels sont les besoins et les demandes des familles ? 

Les familles demandent beaucoup de soutien mais surtout de voir les soins de psychomotricité reprendre, compte tenu de l’état général des enfants qui sont très affectés par le confinement. 

Comment faites-vous pour y répondre ?

Chaque praticien trouve des réponses aux problématiques qu’il rencontre, certains ont pu maintenir des suivis à domicile ou en rencontrant les enfants dans des espaces extérieurs, d’autres maintiennent des contacts téléphoniques pour prendre des nouvelles des patients et apporter des conseils si besoin. Plusieurs collègues travaillent actuellement au retour à l’école des enfants.

Les consultations en visioconférence peuvent désormais avoir lieu, comment elles se déroulent ? A quel coût ? Est-ce le cas pour d’autres soins ?

Les télé-consultations sont possibles uniquement si un bilan, une évaluation ou une première rencontre avec le praticien ont déjà eu lieu en présentiel. Il est important d’évaluer avec la famille la possibilité pour eux de mettre en place le télésoin : accès aux outils informatiques, espace assez important pour faire la séance (recul de la vidéo), la confidentialité, le besoin d’accompagnement du patient par un tiers…

Actuellement en période de confinement, nous conseillons que les soins soient maintenus, par télé-consultation le plus possible. Cela évitera que les symptômes des personnes s’amplifient à cause de l’interruption des soins. Il faut alors se rapprocher des praticiens et établissements avec lesquels les familles sont en contact habituellement.

Le confinement va durer encore un peu pour les familles, qu’est-ce qui vous inquiète ?

Ce qui m’inquiète, c’est la dégradation de l’état de santé des enfants, des parents dans cette expérience du confinement. Autant nous avons quelques témoignages de situation où l’enfant s’est apaisé et à pu se concentrer mieux, en confinement à la maison. Autant, beaucoup de familles demandent de façon assez pressée de reprendre les suivis.

Beaucoup de personnes sont très éprouvées par la promiscuité, la gestion des troubles du comportement au quotidien et tout cela dans un contexte d’insécurité général.

Il y a aussi des foyers où des violences peuvent avoir lieu, soit directement envers nos patients, soit envers d’autres membres de la famille mais qui ont une aussi grande répercussion sur l’entourage que sur la personne qui subit les violences. 

Mai 07
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